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Salon du livre de l'Outaouais 2022 - Lire l'avenir

On m'a invitée à participer au Salon du livre de l'Outaouais , qui avait pour thème cette année « Lire l'avenir ». Tout désigné pour parler d'un recueil de science-fiction comme Rêves de drones et autres entropies !  Cliquez sur l'image pour voir l'entrevue en compagnie de Benoit Laflamme (qui était le traducteur à l'honneur au SLO l'an dernier) :)

Rêves de drones et autres entropies

Après des années – oui! des années – d’attente, mon projet de recueil de nouvelles de Rich Larson verra enfin le jour en février 2022! Composé d’histoires qui me parlent ou me touchent d’une façon ou d’une autre,  Rêves de drones et autres entropies  aborde notamment les thèmes de l’amour, de la vie en société, de l’éthique, de l’environnement et de l’épistémologie, et porte un regard à la fois critique et introspectif sur la nature de l’être humain et sa façon d’appréhender le monde. En librairie le 9 février 2022

Intermède : publication d'une de mes traductions

Je vous invite à vous procurer le numéro 66 de la revue française  Galaxies science-fiction dans lequel vous trouverez ma traduction de la nouvelle « Smear Job », de Rich Larson. La nouvelle a été publiée dans sa version originale anglaise dans le magazine Analog Science Fiction and Facts en décembre 2018. Elle est inspirée d'un article sur les ratés possibles du système judiciaire et les répercussion que peut avoir un registre des délinquants sexuels sur la réputation et la vie des condamnées, peu importe les circonstances ou la gravité du crime commis. Elle met en scène un jeune homme qui doit subir une modification au cerveau pour avoir fréquenté une mineure, même si c'était avec le consentement de cette dernière et qu'ils étaient rapprochés en âge. Elle pose un regard critique sur le caractère éthique des condamnations en matière de crimes sexuels impliquant des adolescents, en particulier quand elles finissent par ruiner la vie des plus vulnérables de la société. Site...

Traduction et francophonie (ou comment il faut prendre en considération le lectorat)

Une nouvelle fois, pour illustrer mes propos, j'utiliserai l'exemple de Rich Larson, auteur que j'ai le plus traduit jusqu'à présent.  Si un lectorat québécois peut comprendre aisément les expressions plus typiquement françaises de par son exposition, depuis sa tendre enfance, à une culture générale française, notamment par la consommation de productions culturelles en provenance de l’Hexagone ou de doublage made in France de films et d’émissions, l’inverse ne va pas de soi. Ainsi, traduire pour un lectorat européen  quand on est Québécoise et qu'on aspire à faire publier ses traductions en Europe exigera souvent de camoufler sa spécificité culturelle et linguistique pour rendre plus neutres certaines expressions et références culturelles, tout en évitant de diluer le texte. Il est d'autant plus essentiel de prendre en considération à qui s’adresse la traduction que le langage familier et parlé en français n’a généralement pas la même structure, le même...

Traduction et polysémie

Trouver des équivalents en français qui sont tout aussi polysémiques que les termes originaux est une des principales difficultés de la traductrice qui cherche à faire honneur aux différents niveaux de sens d’un texte. Il n’est malheureusement pas toujours possible de le faire sans se perdre dans les méandres de phrases alambiquées et ainsi dénaturer le texte. Il faut choisir ses combats et faire des choix. En règle générale, la polysémie doit toujours être conservée, car certains passages, anodins en apparence, se révèlent lourds de sens quand on en saisit les multiples significations ou ce qu’ils sous-entendent. Par exemple, dans Smear Job [1] , le titre même du texte présente un problème de traduction de par les deux sens que l’auteur y attache dans le texte. En effet, outre l’idée attendue de campagne de salissage, ce terme évoque également une intervention chirurgicale qui a pour effet de brouiller la vue de la personne qui la subit et de l’empêcher, sélectivement, de voir ce...

Traduction et science-fiction

La science-fiction a ceci de commun avec la traduction qu’elle se caractérise par l’altérité, par le regard tourné vers l’extérieur, par l’intérêt envers ce qui est différent ou qui n’existe pas encore. La traduction vise en effet à transmettre l’autre, en se l’appropriant et en saisissant son essence. Elle aspire, en transposant dans la langue d’arrivée ce que l’autre a exprimé dans la langue de départ, à provoquer chez le lecteur de sa propre langue la même réaction que la lecture de l’original a provoquée chez la traductrice. La science-fiction, en tant que genre, tend tellement vers ce qui n’existe pas encore qu’elle a une propension à l’inventer, en créant des mondes qui se situent dans un futur plus ou moins rapproché et en se servant de manière novatrice de certains concepts pour poser un regard critique sur la réalité actuelle. À l’instar de la science-fiction, la traduction littéraire constitue un acte de création à plusieurs égards – j’examinerai comment dans les billets...