Une nouvelle fois, pour illustrer mes propos, j'utiliserai l'exemple de Rich Larson, auteur que j'ai le plus traduit jusqu'à présent. Si un lectorat québécois peut comprendre aisément les expressions plus typiquement françaises de par son exposition, depuis sa tendre enfance, à une culture générale française, notamment par la consommation de productions culturelles en provenance de l’Hexagone ou de doublage made in France de films et d’émissions, l’inverse ne va pas de soi. Ainsi, traduire pour un lectorat européen quand on est Québécoise et qu'on aspire à faire publier ses traductions en Europe exigera souvent de camoufler sa spécificité culturelle et linguistique pour rendre plus neutres certaines expressions et références culturelles, tout en évitant de diluer le texte. Il est d'autant plus essentiel de prendre en considération à qui s’adresse la traduction que le langage familier et parlé en français n’a généralement pas la même structure, le même...